Chemin de fraternité, de la Toussaint à Noël

Éditorial

Ce numéro du Pèlerins Ensemble nous parvient dans la grâce de la Toussaint et nous accompagnera jusqu'à la lumière de Noël. Autour de nous, ou parmi nous, certains ont perdu un être cher, ou perdu leur travail, ou ont peur de le perdre. Cet hiver sera-t-il rigoureux? En tous cas, il fait certainement froid dans beaucoup de cœurs autour de nous ou dans le nôtre: froid du doute, de l'angoisse, même, face à l'avenir qui nous inquiète, avenir immédiat du point de vue matériel, ou avenir lointain de la vie après la mort. Qu'allons-nous devenir, et nos enfants, dans cette société qui traverse une crise profonde, économique mais surtout existentielle? Et où sont partis ceux que nous aimons et dont nous avons été séparés? Nous pensons à eux dans ce temps de la Toussaint, mais ils nous manqueront aussi à Noël.

En ce moment, plus encore que d'autres, Dieu ne nous lance-t-il pas un appel à avoir confiance, à entrer plus profondément dans la foi et dans l'amour? Dieu nous demande de croire en lui, et de croire en tout ce qu'il y a de bon en nous-mêmes et dans les autres. Dieu aime les hommes, il a créé le monde par amour, et chacune de nos vies est précieuse à ses yeux. « Chacun de nous est aimé, chacun est unique, chacun est nécessaire », disait Benoît XVI. Quand l'avenir nous semble bouché, relevons la tête et regardons les étoiles qui sont autant de signes de la bonté de Dieu pour nous. Nos vies aussi sont parsemées d'étoiles, mais les soucis et l'habitude du quotidien nous les font oublier.

La fête de la Toussaint nous rappelle qu'à chaque époque des hommes et des femmes (au XXème siècle Jean-Paul II ou Mère Teresa) ont bouleversé le monde, car ils ont laissé Dieu bouleverser leur vie. Comme Marie, ils ont dit: « Oui, Seigneur, prends ma vie, fais de moi ce qu'il te plaira pour répandre ton amour auprès des hommes. » Aujourd'hui, laissons-nous aussi bouleverser par Dieu et par nos frères! Surtout ceux que nous avons installés « à la périphérie de notre cœur » (Pape François). N'est-ce pas maintenant qu'il faut retrouver ce chemin de la solidarité et de la fraternité, apprendre à redevenir frères, frères des saints dans le Ciel et frères des hommes sur Terre? Car Dieu s'est fait l'un de nous, notre frère en Jésus, afin que nous devenions frères les uns des autres maintenant, et bientôt dans le Ciel, les « concitoyens des Saints » (Eph 2, 19).

Don Camille, curé

Éditorial