Mort et ressuscité pour nous, le Christ nous rend la liberté

Éditorial

Aspirons-nous à devenir des hommes libres? Malgré l'affirmation du premier article de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, il est plus réaliste d'affirmer que l'on ne naît pas libre, mais qu'on peut le devenir. L'image la plus marquante des fêtes de Pâques est la sortie du tombeau. Cet événement a changé le cours de l'Histoire humaine, car il concerne non seulement le Fils de Dieu sorti vainqueur des liens de la mort, mais aussi potentiellement vous et moi dont les vies peuvent être complètement changées, renouvelées, grâce au Christ qui a accepté de mourir pour nous afin que nous ressuscitions avec lui.

« Afin que nous menions une vie nouvelle, le Christ, par la toute puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. » (Rm 6)

Depuis plusieurs mois le pape François nous exhorte à une double sortie de nous-mêmes: vers Dieu et vers nos frères. Le Christ nous pousse à sortir hors des multiples tombeaux et prisons dans lesquels nous sommes enfermés. « Ouvrez grand les portes au Christ! », disait prophétiquement un autre pape, Jean-Paul II, au début de son pontificat. L'aspiration irrépressible des peuples à la liberté conduit, un jour ou l'autre, à la chute des murs, visibles ou invisibles, dans lesquels on a pu vouloir les enfermer.

L'Église nous fait revivre pendant le Carême le chemin de l'Exode: le peuple hébreu a vécu cette formidable expérience de la sortie d'Égypte vers la Terre Promise. Le Christ, vainqueur de la mort dans la nuit de Pâques, incarne le nouveau et véritable Moïse pour conduire tout homme et chaque peuple qui le veut à vivre son Exode personnel ou communautaire. Chacun est appelé à sortir de lui-même, à se libérer d'une quantité d'entraves et de conditionnements intérieurs et extérieurs qui l'empêchent d'accéder à la véritable liberté. Pharaon n'est plus là, ni son armée, mais nos conditionnements psychologiques, le regard des autres, la peur de déplaire, le sentiment de culpabilité, nos habitudes personnelles, familiales, paroissiales, sociales, le poids des échecs passés de notre vie, mais également ce système économique tout entier centré sur le pouvoir de l'argent ainsi que l'omniprésent pouvoir médiatique constituent autant de servitudes à l'échelle individuelle ou collective qui oppriment aujourd'hui la plupart des hommes.

Que ce Carême et ces fêtes de Pâques 2015 fassent de nous des hommes et des femmes un peu plus libres, c'est le vœu que je formule pour chacun de nous!

Don Camille, curé

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