Franchir la Porte Sainte?

Éditorial

À la suite du pape François, franchirons-nous la « Porte Sainte », image du passage vers une nouvelle étape de notre vie? En ce début d'année 2016, voulons-nous changer quelque chose? Quelle « bonne résolution » avez-vous prise? Quelle direction voulez-vous suivre? Une étoile a guidé les Mages vers la crèche de Bethléem. Croyons-nous également à notre « bonne étoile »? Avons-nous fait le bilan de notre année 2015? Quel chemin emprunter en cette nouvelle année?

Nous ne maîtrisons pas, certes, la plupart des événements auxquels nous seront confrontés, mais nous restons libres de nos choix profonds. « Tous les hommes naissent libres et égaux en droits », paraît-il, selon la Déclaration des Droits de l'Homme. Affirmons plutôt qu'on ne naît pas libres, on le devient. La liberté est « la capacité de choisir, entre deux biens, le meilleur pour nous » selon Saint Thomas d'Aquin. Le champ de nos libertés semble parfois se restreindre de plus en plus dans notre société, hormis dans le domaine de la sacro-sainte liberté de consommer: « Je consomme donc je suis! », semble nous inculquer inlassablement le bombardement publicitaire quotidien. Et si 2016 était l'occasion de cultiver un autre art de vivre: « Consommer moins pour partager plus »?

Choisir suppose de savoir renoncer, quitter, passer au-delà des habitudes acquises, des manières de penser dictées par notre environnement familial ou culturel. Une nouvelle année, c'est une porte qui s'ouvre vers de nouveaux possibles. Quelles sont les entraves qui nous empêchent de donner davantage ce que nous sommes, ce que nous devons donner au monde? Quel pardon devons-nous donner, pour nous libérer de la rancune ou du remord qui nous paralysent parfois depuis des années?

Voici 1700 ans, naquit Martin de Tours, au début du IVème siècle, à la frontière entre l'Antiquité et le haut Moyen-Âge. Ce saint immense d'humilité et d'audace à la fois, dont nous fêterons le jubilé, marqua la genèse de notre histoire nationale par ce geste du manteau partagé, posé en hiver à la porte d'Amiens. Et nous, quel geste choisirons-nous de poser cette année pour écrire la suite de l'histoire de notre culture? N'ayons pas peur de nous-même ni des autres, ni de Dieu, ni du lendemain. L'avenir appartient aux audacieux, en serons-nous?

Don Camille, curé

Éditorial