« Stat crux dum volvitur orbis »

Éditorial

L’hiver en cours (après les tempêtes tropicales à répétition en 2017) nous a confirmé, par les fluctuations de la météo, que des bouleversements climatiques semblent affecter l’équilibre des saisons. En tous cas le « réchauffement climatique » n’a pas empêché, voire a provoqué, d’abondantes tempêtes de neige dans les stations des Alpes, dès le mois de décembre (au point de priver les skieurs de ski...), et jusque dans nos régions en janvier et février. Des bouleversements géopolitiques et démographiques considérables sont aussi en cours (guerre en Syrie, tensions en Corée, afflux de migrants en Europe...).

Il y a bientôt mille ans, Saint Bruno, éminent professeur et recteur d’Université, est parti chercher Dieu dans le silence de la montagne de Chartreuse. Son ordre religieux prendrait bientôt comme devise « La Croix demeure tandis que le monde tourne » pour illustrer son blason: une croix surmontant un globe terrestre. Entre le 29 mars et le 1er avril, nous célébrerons le grand mystère de Pâques: la passion, la mort, et la résurrection de Jésus-Christ, qui est venu planter sa croix au cœur de l’histoire de l’Humanité. Les nombreux calvaires à la croisée de nos chemins nous le rappellent.

En cette période charnière entre l’hiver et le printemps, où la nature passe comme de la mort à la vie, du sommeil au réveil, l’Église nous invite à suivre le Christ dans son mystère de mort et de résurrection. « Si le grain tombé en terre ne meurt pas, il reste seul, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12,24). Les croix de notre existence, associées à celle de Jésus, sont un passage vers une fécondité plus profonde, un plus grand amour qui va jusqu’au bout. Au milieu des bouleversements du monde et du tourment de nos vies, restons unis à la croix du Christ. Elle transformera nos vies en offrande, les fera passer des ténèbres du Vendredi Saint à la lumière de Pâques.

Don Camille, curé

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