« Apprendre et transmettre pour une communion durable »

Éditorial

Tous les quatre ans, des centaines de millions de personnes vivent une expérience de communion aussi planétaire qu’éphémère grâce à la coupe du monde de football. Il est, certes, enthousiasmant de voir, pour quelques semaines, petits et grands pays des cinq continents pratiquer un même sport devenu universel (mais inventé par les anglais). Pourtant, en concomitance avec les phases de poule du mois de juin, on apprenait que l’Aquarius peinait à trouver un port d’accueil en Europe, et que les États-Unis de Donald Trump se retiraient du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU (après avoir quitté l’accord de Paris sur le climat et l’accord de Vienne et Genève sur le nucléaire iranien, fruits d’années de laborieux travail diplomatique). À l’ère de la communication immédiate, comment construire et préserver encore une communion durable, entre les personnes ou entre les peuples ? Il est si facile de se désengager par de simples tweets ou SMS.

Cinquante ans après « mai 68 », l’autonomie de l’individu face à la société qui l’entoure demeure, certes, une aspiration générale. Mais nul d’entre nous ne s’est fait tout seul.

Nous ne sommes pas une génération spontanée. Qui de nous ne désire trouver dans sa famille, son entreprise, son école, son association, sa commune ou sa paroisse un lieu de communion durable?

La « rencontre » de ce numéro avec Caroline Provost nous rappelle qu’il est encore possible de transmettre un savoir faire familial et une culture d’entreprise. Le diocèse de Laval nous invite également à « faire route ensemble » (c’est le sens du mot synode) en accueillant cette parole de Dieu transmise par un prophète du 8ème siècle avant J-C. « Tu as du prix à mes yeux » (Isaïe 43,4). Fonder le « patronage Notre-Dame » en septembre prochain à Évron, c’est faire aussi le pari d’un nouveau lieu de communion durable et intergénérationnelle qui s’appuiera sur la transmission et l’apprentissage auprès des enfants dans un climat de bienveillance. Bonne lecture d’été!

Don Camille, curé

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