Mai, mois de Marie. « La prière »

Lettre d'Argos

Jean-Pax Méfret est un rebelle. Il est né le 9 septembre 1944 à Alger (alors département français). Mis en prison à seize ans pour dix-huit mois; c'est dans les geôles françaises qu'il a passé son bac. C'est un personnage « engagé »: il parle cash; autrement dit, les discours mielleux lui sont étrangers. Grand Reporter à l'Aurore, il couvre la plupart des conflits armés et des dossiers sur le terrorisme. Il poursuit sa carrière au Figaro Magazine en tant que grand reporter, puis rédacteur en chef « Grandes Enquêtes ». Avec neuf livres à son actif, c'est aussi un écrivain, membre sociétaire de la Société des Gens de Lettres.

L'autre versant de sa vie, c'est la musique. Il est auteur compositeur et interprète.

À l'âge de dix-huit ans, il écrit cette belle chanson qu'il intitule : « La prière » qui lui fit gagner, en 1964, le premier prix de cette émission télévisée très populaire à l'époque, mais que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître: « Âge tendre et tête de bois ». Un jeune homme, dit-il, s'adressait à la Vierge qu'il venait de voir apparaître derrière des buissons sur une route déserte. Et il lui demandait de l'aider dans son désarroi.

Pourrions-nous imaginer que « The Voice », « Âge tendre et tête de bois » des temps nouveaux, puisse donner aujourd'hui un premier prix à un tel texte? Pourtant, combien de jeunes sont dans le désarroi et vont jusqu'à trouver un idéal dans le djihad?

Dans son dernier texte: « Noun » (la vingt-cinquième lettre dans l'alphabet arabe que Daesh inscrit sur la porte des maisons des chrétiens pour les stigmatiser), Jean-Pax Méfret chante ces paroles pour les Chrétiens d'Orient: « Ils tombent à l'ombre de la croix, dans un silence qui fait douter du cœur des hommes ».

« La Foi est la force des Chrétiens d'Orient ; inspirons-nous en! »

La prière

Sainte-Marie, seul dans la nuit, j'allais vers l'infini sans un bagage et sans argent, j'allais vers le néant.
Mais toi, alors que j'étais là, sur la route dans le froid, tu es venue vers moi.
Toi, au détour d'un chemin cachée par des buissons, tu m'attendais.
Pourtant, moi je n'étais rien de plus qu'un jeune homme perdu dans l'abîme du chagrin.
Moi, ne sachant pas pourquoi, je retrouvais la Foi.
Je me suis prosterné devant toi.
Sainte-Marie, seul dans la nuit, je suis là, je te prie sans un bagage et sans argent, je viens vers toi, maintenant.
Argos

Lettre d'Argos